| "Papa, tais-toi, tu vas nous faire perdre des
points". Qui n'a pas organisé, un jour, un
challenge de l'esprit sportif ou du fair-play ? C'est dans
l'air du temps.
A Palaiseau, depuis 5 ans, ce trophée n'est pas remis, en
vitesse, à la fin de la rencontre.
Le plus fréquemment, le sportif qui reçoit
ce prix c'est : le plus malchanceux, l'équipe invitée, le plus
jeune ou la victime d'une erreur d'arbitrage.
Les cinq dernières rencontres du Tournoi international de
football, catégorie Poussins, dans l'Essonne, confirme qu'un
challenge de l'esprit sportif peut être autre chose que la
touche annexe d'une animation sportive.
Le 16 et 17 juin derniers, s'est déroulée la 26ème édition de
ce tournoi international de football Poussins. 32 équipes
étaient en compétition.
Le ton de la rencontre est donné
Dès leur inscription, les équipes sont
averties par leur dossier que l'attitude des participants
(joueurs et dirigeants) est un élément-clé de la réussite de
la rencontre. Adultes et enfants sont instamment priés de
jouer sans réserve le jeu du fair-play.
A l'arrivée des équipes, les organisateurs leur remettent le
texte des règles d'or de l'esprit sportif, les adultes qui les
accompagnent, quant à eux, reçoivent les règles d'or des
parents.
Qui va gagner ? Pas forcément ceux qui ont marqué le
plus de buts.
Chaque équipe se voit attribuer, à l'issue
de chaque rencontre, un nombre de points (1 à 5). Est pris en
compte le comportement des joueurs mais aussi celui des
dirigeants et des parents sur les bords de touche. En fait,
personne, avant l'attribution de ces points, ne sait qui a
vraiment remporté le trophée, puisque le nombre de buts
marqués ne suffit pas pour gagner. Suspens.
Cérémonial ou folklore ?
Après les rencontres, la remise des coupes
est le point d'orgue de la journée, un grand nombre de parents
sont là, les officiels sont arrivés, il est temps de passer à
la cérémonie.
Les 32 délégations sont invitées à se regrouper sur le
terrain. Chaque équipe choisit un copain, pas le plus fort,
pas forcément le capitaine mais celui qui représente pour eux
l'esprit sportif. Ils se répartissent autour du terrain, le
1er prend un relais (1) qui contient les règles d'or de
l'esprit sportif et va le passer au second, ensemble ils
courent vers le troisième et ainsi de suite. Le dernier remet
le témoin à celui qui va les lire, solennellement, au micro.
Des équipes étrangères présentes ? Plusieurs règles sont lues
dans les langues des pays présents.
Silence dans le stade. Les 300 enfants et tous les spectateurs
sont pris par la solennité du moment.
Le trophée de l'esprit sportif est remis au capitaine de
l'équipe gagnante et, chaque enfant reçoit son diplôme de
l'esprit sportif.
A quand, le trophée du parent ou du dirigeant le plus
fair-play ?
Daniel Charlot
Président Art Sport Entraide de Palaiseau
(1) bâton creux correspondant au témoin des courses
d'athlétisme. |